lundi 17 novembre 2014

Les ados aiment les masques !

Nous venons de terminer un stage pendant un WE en Ardèche avec des jeunes de 13 à 16ans , un petit groupe de jeunes passionnés par le théâtre et qui pratique dans des troupes amateurs regroupés sous la bannière de la FNCTA Ardèche. L'abord du masque est ingrat pour des jeunes qui souvent cherchent à se faire reconnaitre et valoriser leur ego en montant sur scène. Ma dernière expérience dans ce domaine avait été très douloureuse car les jeunes me réclamaient une panoplie de recettes pour "devenir célèbre " , alors que le masque est une école d'intériorisation du travail d'acteur et un recentrage sur soi .
Chausser le masque sur une scène, c'est un peu comme sauter dans le vide sans savoir où l'on va atterrir, cet exercice demande donc l'acceptation de différer à un lointain futur le bénéfice du travail, ce qui n'est pas facile pour de jeunes ados. Il faut croire que ceux d'aujourd'hui ont plus de maturité qu'il y a quelques années. Sans doute le travail au sein de leur groupe respectif y est pour quelque chose aussi.



J'ai noté dans leurs appréciations qu'ils préféraient travailler avec les masques neutres plutôt que les masques de caractère. Le masque neutre offre moins de contrainte, le travail est plus simple et plus ouvert . C'est assez normal pour une première approche. Le masque de caractère de par son esthétique fascine, et donc attire généralement plus, mais il est aussi beaucoup plus contraignant, je suis agréablement surpris qu'ils se soient rendu compte si rapidement de ce rapport entre la neutralité qui offre tous les possibles et le masque typé qui donne déjà un personnage mais qu'il faut investir de manière beaucoup plus précise.

Bravo les jeunes.





lundi 19 mai 2014

Nouvelle proposition
LE SEMEUR D’ETOILES
Ou le regard du silence

Performance de rue.

Par Claude Roche

LE MASQUE
est le centre et le moteur de la performance, il donne la dimension de l’inconnu, de l’insondable.
Porté par un acteur dont le corps est entièrement recouvert par un costume.
Sa seule présence insolite, inattendue, irréelle, fantomatique suscite curiosité et interrogation.



 LE THEATRE INTERACTIF


Le propos de ce travail est de susciter une rencontre.
L’acteur observe, les gens, à coté de lui une pancarte indique « semeur d’étoile » il se dirige vers une personne, s’adresse  à elle par le regard, lorsque la timidité, la peur de l’inconnu, l’appréhension de l’entourage disparaissent, les regards se croisent dans une relation silencieuse. La rencontre toute simple, fraternelle, transcende les cultures, le langage et l’appartenance ethnique ou sociale.





LE PERSONNAGE
Le rôle du comédien consiste à faire abstraction de sa propre identité pour se placer à un autre niveau.
Il est l’autre, l’inconnu anonyme. C’est là tout l’intérêt de la performance, son approche est totalement désintéressée. Il ne cherche qu’à briser la carapace d’isolement dans laquelle nous sommes tous pour ouvrir un espace de communication non verbale, libéré  du dualisme « peur – désir ».

TEMOIGNAGES
Lorsqu’il  s’est  approché de moi, d’abord embarrassé devant les autres,  puis fasciné je n’ai vu que le masque. Clouée sur place par cette approche inattendue, médusée par la peur, j’ai perdu la sensation de la foule autour de moi,  j’étais comme transporté ailleurs, plus personne n’existait que ce personnage, qui comme un miroir me sondait au plus profond. Au fur et à mesure de la rencontre je me suis détendue, emplie par une calme douceur. Quand il s’est éloigné j’ai soudain repris conscience de la rue et j’ai senti le regard des autres sans aucune  gêne, j’étais dans une  bulle de lumière.


 
Une personne dans le public n’arrêtait pas de parler, de se moquer du personnage, il se rendait intéressant. Je me suis approché de lui ;  il a commencé par être mal à l’aise, donner des clins d’œil à droite à gauche puis il s’est figé, je l’ai regardé et son visage soudain est devenu grave, sérieux et son regard intense, je ne le quittais pas des yeux.  Cela a duré un bon moment. Je lui ai pris les mains ; elles étaient raides au début puis il s’est détendu, j’ai sentis la transformation ; quand j’ai reculé il est resté en silence.

Pour plus de renseignement me contacter au 06 76 33 41 49 ou par mail à  : rochemasque@laposte.net

samedi 8 mars 2014


Samedi 15 mars, 20h30  à la librairie  " LE CHANT DE LA TERRE" à Pont Saint Esprit

 je donnerai une conférence sur le masque "Des rituels antiques au théâtre contemporain." 
Le masque n’est pas un phénomène exclusif du théâtre ou du carnaval  il remonte aux cérémonies rituelles les plus anciennes. Comment déchiffrer ces vestiges énigmatiques  protéiformes.
Je me suis basé sur l’observation de la fonction des masques et
j’ai remarqué que :
-le masque engendrait toujours une certaine peur,

             et qu’il dissimulait parfaitement l'identité de son porteur

                             qu’il métamorphosait littéralement celui qui le portait.


 A partir de ces trois constatations j’ai pu comprendre la place du masque dans l’histoire des hommes et son évolution  à travers les âges, du rituel primitif au carnaval, jusqu'au théâtre.

Je travaille le masque en tant que sculpteur et praticien du théâtre masqué depuis 1967. Je n'ai trouvé à ce jour aucun ouvrage  qui me donnerai une explication globale sur l'utilisation des masques dans le monde. Or c'est l'objet le plus répandu géographiquement et historiquement. Il est le plus souvent abordé sous l'angle ethnologique, esthétique, géographique, ou théâtral jamais dans une vue d’ensemble. J'ai voulu répondre aux questions  de :
Pourquoi dans toutes les parties du monde les hommes ont fabriqué des masques ? 
à quelles fins ?

Et qu’en est-il aujourd’hui ?

J'ai déjà donné cette conférence en maintes occasions dans différents pays et elle a toujours suscité curiosité et étonnement car tout le monde connait des masques mais peu s'imaginent son pouvoir et ses répercutions sociales et psychologiques . 

Si vous souhaitez me faire venir pour délivrer cette conférence n'hésitez pas écrivez moi : rochemasque@laposte.net

jeudi 9 janvier 2014

 2014   Nouvelle année, nouvel espoir pour conjurer les miasmes des communicants qui voudraient nous mettre la tête sous l'eau pour mieux nous endormir. Mais nous sommes en éveil !

 Il est urgent de chausser le masque pour  faire apparaitre le monde dans sa transcendance, faire apparaître le mystère caché derrière les apparences. Car tout ce qu'on nous montre n'est qu'apparence et ce qui est au delà se révèle beaucoup plus riche, plus profond, plus fondamental. Ne nous laissons pas séduire par ce qu'e les médias et ses portes paroles nous montrent et nous démontrent à longueur de soit disant informations ! plongeons dans l'infini de l'inconnu qui se love par delà le masque du monde.

Depuis la nuit des temps les hommes ont utilisés les masques pour défier le réel, pour approcher une vérité qui ne se voit pas au premier regard, pour nous inviter  aux noces du présent et du futur dans le coeur du mystère. Le masque porté est le gage d'une vie différente de l'apparence trompeuse du jour existe bel et bien.


Flash Info ...
Je donnerai une petite conférence sur " Des masques jusqu'au théâtre masqué " à l'Université populaire d'Aubenas en Ardèche le 20 janvier 2014 à 18h 30
 pour plus de renseignement : http://universite-populaire-aubenas.fr/

vendredi 4 octobre 2013

Ah Vénus , oui...

Voici récemment qu’un ami auteur de théâtre vient me voir et me demande de lui créer un masque de la vénus de Botticelli . heureux que l’on pense à moi pour la création d’un masque je saute de joie mais assez rapidement je me rend compte que l’affaire n’est pas si simple. Tout d’abord je constate en comparant cote à cote plusieurs reproductions du même tableau que l’émotion qui émane du visage de la vénus n’est pas du tout la même. En fonction de la prise de vue, l’ intensité de la lumière et le contraste transforme  radicalement l’émotion qui s’en dégage. Je suis frappé de ce que le dessin étant rigoureusement le même je ne retrouve pas  du tout la même sensation simplement parce que la lumière a changé. Ce sentiment est si fort que j’ai l’impression de deux personnalités différentes l’une douce et avenante me regarde, l’autre fermée et hautaine  regarde l'infini, perdue dans le lointain.
Comment dés lors transformer en volume le portrait d’une peinture, d’une image, d'une photo. Non seulement il s’agit d’une transposition qui demande de créer des espaces qui n’existent pas ( puisqu’un tableau n’a, par définition, qu’une face) mais de plus je ne maitrise pas la lumière qui tombera sur le masque.
Sans oublier que le passage de deux à trois dimensions  transforme la perception du spectateur. Un tableau s’adresse à l’imagination abstraite  de l’observateur qui doit réinventer une réalité qui n’est que partiellement montrée tandis que le volume s’adresse à l’émotion suscitée par une sensation palpable que l’on peut voir dans sa totalité.
Ainsi, si vous voulez transposer un visage à deux dimensions en volume méfiez vous, la ressemblance risque fort de ne jamais satisfaire votre commanditaire.


mardi 2 juillet 2013

Les masques pour qui ?

Les masques pour qui pourquoi ?


A l’origine de l’humanité aussi loin que les hommes puisent dans leur histoire le masque est présent dans les mythes fondateurs. C’est un instrument incontournable de la formation des civilisations. Il sert tout d’abord à souder le clan, créer les appartenances à une société donnée puis avec le temps et l’évolution le masque participe à tous les instants important de la vie des hommes.




Le masque est  en rapport avec les dieux, à la fois pont et  lien entre le mystère  insondable et la nature tangible. Il préside à tous les passages : d’initiation, de guérison, de naissance et de mort. Il est la mémoire de la société et en assure la transmission en attendant l’écriture.
Plus tard dans le théâtre antique il est  l’instrument privilégié du lieu social où se joue les problèmes de la société devant les citoyens. Les incite à réfléchir et agir en conséquence. Même s’il n’est plus le dieu vivant sa puissance de fascination reste toujours supérieure à celle d’un acteur humain.
Dans le carnaval médiéval le masque est encore le roi, et s’il n’est plus le mythe, il n’est pas non plus en représentation ; il participe du mythe car le carnaval est un rituel et aussi du théâtre, bien qu’il ne soit pas fait pour les spectateurs car il est un spectacle pour ceux qui n’ont pas la chance d’y prendre part. Le masque de carnaval est avant tout important pour celui qui le porte, il lui assure une impunité relative qui lui permet de transgresser l’interdit et ainsi de renaitre.

Aujourd’hui où sont les masques ?

Les cérémonies primitives encore vivantes en Afrique et en Asie, il y a peu, ne sont plus que des  souvenirs, sujets d’études passionnant pour les anthropologues. Les théâtres de masques classiques grecs et romains ont disparus, le Noh japonais et les théâtres du sud-est asiatique ne sont plus que des pièces de collections, inestimables certes, mais sans contact réel avec la vie d’aujourd’hui.
Alors où est le théâtre de masque du XXIème siècle ?
Dans les années 60 du siècle dernier, le Bread and Puppets avait donné un bel exemple de la force des masques et d’autres metteurs en scène ont essayé de jouer masqué, peu ont su créer une forme de théâtre dont le masque serait de nouveau ce lien privilégié entre le mystère et notre vie de tous les jours.
Pourquoi le masque fait-il aussi peur aux créateurs ?
Affaire à suivre...



Les images illustrant ce message sont tirées du Carnaval de Viviers pour lequel j'ai oeuvré pendant des années. La tête mythique de 3m de haut à été imaginé par des enfants à qui on avaient demandé de dessiner un monstre représentant l'avidité consumériste qui pollue la rivière. Je l'ai réalisé d'après leurs indications. Il a été promené dans les rues de la ville ; dans son ventre une bande son déversait des borborygmes étonnant En fin de carnaval il a été brulé sur le Rhône en grande cérémonie. Les dragons représentaient le peuple (le fleuve, la vie...) qui chassent le monstre.